Gorges de la Sioule à moto : une virée père-fille entre virolos et églises peintes

Gorges de la Sioule à moto : une virée père-fille entre virolos et églises peintes

Une Kawasaki Versys-X 300, une journée avec ma fille, de belles petites routes et un thermomètre visiblement décidé à battre un record : nous voilà partis à la découverte des gorges de la Sioule à moto. De Saint-Rémy-de-Blot à Naves, notre balade va rapidement se transformer en voyage à travers les siècles, les villages du Bourbonnais et leurs étonnantes églises peintes.
boucle gorges de la sioule Poupougne a deux roues

Pour préparer cette sortie, nous avons suivi le circuit moto proposé par l’office de tourisme du Val de Sioule. La boucle officielle peut naturellement être rejointe à différents endroits. En arrivant du Berry, nous l’avons récupérée un peu avant Saint-Rémy-de-Blot, puis suivie jusqu’à Naves, où nous l’avons quittée en fin d’après-midi. Entre les deux : de beaux secteurs sinueux, des routes de campagne, des panoramas dégagés, des villages paisibles et une surprenante concentration de patrimoine. Bref, exactement le genre d’itinéraire qui convient à Kawette, ma fidèle Kawasaki Versys-X 300.

La météo, elle, avait prévu une option « cuisson lente du motard ». Sous une chaleur écrasante, chaque portion d’ombre devenait une aire de repos cinq étoiles et chaque porte d’église ouverte ressemblait à l’entrée d’un palace climatisé. Cela tombait plutôt bien : le parcours croise à plusieurs reprises la Route des Églises Peintes du Bourbonnais. Une excellente raison de poser les casques, de quitter les blousons quelques minutes et d’aller voir ce qui se cache derrière ces sobres façades romanes.

Mazerier : première halte à l’église Saint-Saturnin

Eglise Saint Saturnin Mazerier Poupougne a deux roues

Notre premier véritable arrêt se fait à Mazerier, devant l’église Saint-Saturnin. Construite au XIIe siècle et protégée au titre des Monuments historiques, cette petite église romane conserve une atmosphère presque hors du temps. Son clocher carré, coiffé d’une haute flèche, domine un édifice à taille humaine, mais l’essentiel se découvre à l’intérieur : décors peints, motifs étoilés, frises végétales, faux appareils et traces laissées par plusieurs campagnes de décoration. Certaines couleurs sont encore bien présentes, d’autres se devinent sous les marques du temps. C’est fragile, parfois imparfait, mais infiniment plus émouvant qu’un décor flambant neuf. La visite constitue aussi notre première vraie pause fraîcheur de la journée. Patrimoine, silence et baisse de température : Saint-Saturnin vient officiellement d’obtenir le label Poupougne « arrêt motard hautement recommandé ». Voir la fiche patrimoniale officielle.

Escurolles : Saint-Cyr et Sainte-Julitte, du roman et des couleurs

Eglise Saint Cyr et Sainte Julitte Escurolles Poupougne a deux roues

À Escurolles, l’église Saint-Cyr et Sainte-Julitte ne dévoile pas immédiatement tout ce qu’elle abrite. Ancienne église prieurale liée à l’histoire clunisienne du Bourbonnais, elle mêle architecture romane, transformations successives et décors de plusieurs époques. À l’extérieur, son clocher-mur et ses cloches installées dans une imposante charpente de bois attirent déjà l’œil. Mais en franchissant la porte, changement d’ambiance : motifs colorés sur les voûtes, faux joints peints, frises, peintures murales anciennes, chapiteaux sculptés, statues polychromes et vitraux composent un décor particulièrement photogénique.

Ma fille prend le temps d’observer les détails pendant que je tente de faire rentrer une nef entière dans l’objectif. Mission moyennement réussie, mais quel endroit ! Pour approfondir la visite, l’histoire de l’édifice est présentée sur le site de la commune d’Escurolles et sur celui de la Route des Églises Peintes.

Le Vélorail de la Sioule : aujourd’hui, on ne pédale pas

Velorail de la Sioule Poupougne a deux roues

Un peu plus loin, notre route croise les rails du Vélorail de la Sioule. L’activité permet de parcourir une ancienne voie ferrée à bord d’un engin à pédales et de découvrir autrement les paysages de la vallée. Sur le papier, c’est original, convivial et probablement très amusant. Dans la réalité de cette journée caniculaire, nous avons déjà des casques, des blousons, une moto chargée et suffisamment chaud pour ne pas ressentir un besoin impérieux de pédaler. Nous nous contentons donc d’une pause photo au bord des rails. Ce sera notre participation sportive officielle du jour : marcher jusqu’au panneau, déclencher l’appareil et revenir jusqu’à Kawette. Il ne faudrait pas risquer le surentraînement.

Jenzat : l’église Saint-Martin et ses histoires peintes

Eglise Saint Martin Jenzat Poupougne a deux roues

Jenzat possède une longue tradition de lutherie, mais c’est d’abord son église Saint-Martin qui retient notre attention. L’édifice roman, classé Monument historique, conserve un ensemble remarquable de peintures murales médiévales. Les scènes se succèdent comme une bande dessinée vieille de plusieurs siècles : personnages en costumes, épisodes religieux, cavaliers, architectures, gestes et expressions racontent une histoire à ceux qui prennent le temps de regarder. Les tons ocre, rouge et jaune ont traversé les âges avec une étonnante présence. À côté, chapiteaux sculptés, voûtes décorées et vitraux complètent la visite. Nous voulions ensuite trouver la maison du luthier et découvrir ce savoir-faire intimement lié à l’histoire de Jenzat. Malgré quelques tours et détours, nous n’avons pas réussi à la localiser assez rapidement. Le temps continuant de filer, il a fallu reprendre la route. Une nouvelle ligne vient donc s’ajouter à la liste des choses à voir lors de notre prochain passage. Association Saint-Martin de JenzatRoute des Églises Peintes.

Contigny : une place fleurie et une étonnante grotte dans l’église

Eglise Saint Martial Contigny Poupougne a deux roues

Contigny est le genre de petit village où l’on ralentit sans même s’en rendre compte. Sa place fleurie, ses décorations et son atmosphère tranquille donnent immédiatement envie de couper le moteur. L’église Saint-Martial, d’origine romane et inscrite au titre des Monuments historiques, possède une silhouette massive dominée par un clocher carré aux ouvertures géminées. À l’intérieur, les décors en faux appareil soulignent les voûtes et accompagnent peintures, statues et mobilier religieux. Mais la surprise se trouve dans une chapelle latérale : une véritable grotte mariale faite d’une accumulation de pierres sombres et irrégulières, avec statue, ex-voto et petites lumières. L’ensemble est spectaculaire, touchant et pour le moins inattendu. Après cette découverte, nous profitons encore quelques minutes de la place fleurie avant de retrouver les blousons qui, laissés au soleil, ont désormais atteint la température idéale pour cuire une pizza. Découvrir l’église sur la Route des Églises Peintes.

Monétay-sur-Allier : le Bourbonnais en grand écran

monetay sur allier Poupougne a deux roues

À Monétay-sur-Allier, pas de longue visite cette fois-ci : nous nous arrêtons surtout pour profiter du panorama. Depuis les hauteurs, le regard porte loin sur la campagne bourbonnaise, ses champs, ses lignes boisées et les reliefs qui se dessinent dans la chaleur. C’est une respiration visuelle entre deux visites, le genre de point de vue devant lequel on se tait quelques secondes avant de sortir l’appareil photo. La moto au premier plan, le paysage derrière et ma fille qui supporte courageusement mes cadrages à répétition : la carte postale de notre journée est presque parfaite. Presque, parce qu’à cette température, même le sourire finit par transpirer.

Verneuil-en-Bourbonnais : café frais, épouvantails et vieilles pierres

VERNEUIL EN BOURBONNAIS Poupougne a deux roues

À Verneuil-en-Bourbonnais, la pause n’est plus facultative : elle relève de l’assistance à motards en surchauffe. Nous nous installons donc au café associatif pour boire quelque chose de frais avant d’aller explorer à pied ce village de charme au cœur du vignoble de Saint-Pourçain. Derrière ses passages voûtés, ses maisons anciennes et ses ruelles tranquilles, Verneuil conserve un véritable décor médiéval.

Le village est aussi connu pour sa balade des épouvantails : des personnages de paille, drôles ou inquiétants, apparaissent devant les façades et dans les jardins selon la programmation de la manifestation. Nous découvrons ensuite la collégiale Saint-Pierre, édifice d’origine romane intégré à la Route des Églises Peintes, puis la chapelle Notre-Dame-sur-l’Eau, cachée au fond d’une impasse. Ses parties les plus anciennes remonteraient aux Xe et XIe siècles.

Faute de temps, nous laissons de côté l’étonnant Musée du Lavage et du Repassage. Oui, un musée consacré aux fers, aux lessiveuses et aux techniques de lavage. Et d’après ce que l’on nous en dit, il serait vraiment passionnant. Voilà donc une excellente excuse pour revenir. Site officiel de Verneuil-en-Bourbonnais.

Chantelle : l’abbaye Saint-Vincent pour dernière halte

Abbaye de chantelle Poupougne a deux roues

Après Deneuille-lès-Chantelle, nous gagnons Chantelle pour notre dernière halte du jour : l’abbaye Saint-Vincent. Posée sur un éperon rocheux dominant les gorges de la Bouble, l’abbaye forme un ensemble impressionnant de bâtiments anciens, de toits de tuiles et de hautes silhouettes de pierre. Son église romane date principalement du XIIe siècle. Une communauté de bénédictines y vit toujours et perpétue une tradition monastique notamment connue pour sa production de cosmétiques.

Nous arrivons malheureusement au moment de l’office. La visite attendra. Nous profitons donc des extérieurs, du panorama sur Chantelle et de quelques dernières photos de Kawette devant l’abbaye. La journée se termine comme elle a commencé : avec un lieu que l’on aurait aimé explorer plus longtemps et cette phrase qui revient beaucoup dans nos voyages — « Bon… il faudra revenir ! » Site de l’abbaye de Chantelle.

De Chantelle à Naves : derniers kilomètres avant de quitter le circuit

Nous retrouvons ensuite les petites routes du Bourbonnais. La chaleur commence enfin à perdre un peu de terrain, la lumière devient plus douce et les paysages défilent entre champs, haies et villages. À Naves, il est temps de quitter le circuit officiel et de reprendre notre direction. Nous n’avons parcouru qu’une partie de la boucle du Val de Sioule et nous avons laissé plusieurs portes entrouvertes : la maison du luthier de Jenzat, le musée de Verneuil et l’abbaye de Chantelle. Mais c’est aussi ce qui fait une bonne balade : elle donne envie de repartir avant même d’être rentré.

boucle gorges de la sioule Poupougne a deux roues

Notre avis sur le circuit moto du Val de Sioule

Cette portion du circuit moto du Val de Sioule nous a offert une journée particulièrement variée. Les amateurs de conduite y trouveront de belles petites routes, des courbes agréables et quelques secteurs plus sinueux. Les voyageurs curieux pourront multiplier les arrêts entre villages, patrimoine roman, églises peintes, points de vue et activités insolites. Le parcours peut se rouler pour le simple plaisir de conduire, mais il serait dommage de traverser tous ces villages sans descendre de la moto.

Pour profiter réellement des visites, mieux vaut prévoir une journée complète, voire sélectionner ses haltes à l’avance. Les horaires d’ouverture des églises, musées et sites monastiques peuvent évoluer ; un contrôle avant le départ évite les déceptions. En période de forte chaleur, prévoir beaucoup d’eau, des pauses régulières et, si possible, un départ matinal. Enfin, les petites routes agricoles peuvent réserver gravillons, engins lents ou chaussées étroites.

Une journée moto père-fille comme on les aime

Velorail de la Sioule Poupougne a deux roues

Cette balade dans les gorges de la Sioule restera surtout une belle journée partagée avec ma fille. Une journée faite de routes, de découvertes, de pauses improvisées, de patrimoine, de chaleur — beaucoup de chaleur — et de ces petits imprévus qui finissent toujours par devenir les meilleurs souvenirs.

Le Val de Sioule ne se résume pas à ses virages. C’est un territoire qui se découvre en roulant doucement, en s’arrêtant souvent et en poussant les portes. Derrière celles des églises du Bourbonnais se cachent parfois des peintures vieilles de plusieurs siècles. Derrière un passage de village apparaît un épouvantail ou une chapelle oubliée. Et au bout de la route, il reste toujours quelque chose que l’on n’a pas eu le temps de voir.

Tant mieux. Kawette sait déjà qu’elle reviendra.

Partager sur

Facebook
Twitter
Pinterest
LinkedIn

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Explorer

ARTICLES relatifs

Me soutenir

Tu aimes suivre mes road trips à moto, tests, tutos, portraits, photos et vidéos ? Tu peux m’aider à continuer à créer tous ces contenus en passant, lorsque tu en as besoin, par mes liens partenaires et d’affiliation — Amazon, Carpuride, In&Motion, OKO et quelques autres. Sur les achats éligibles, une commission peut alors m’être reversée et contribuer aux frais de tournage, de reportage et à la production des prochaines aventures.

Gorges de la Sioule Poupougne a deux roues web

Tu peux aussi faire appel à mon expérience de plus de 25 ans comme journaliste et réalisateur pour réaliser un reportage photos ou vidéo, produire le contenu de tes réseaux sociaux et site internet, réaliser la captation de ton événement...
que tu sois particulier, marque ou organisateur d’événement.