Eloïse, régulatrice sur le Tour de France

Eloïse, régulatrice sur le Tour de France

À l’occasion du passage du Tour de France 2026 à Périgueux, rencontre avec Éloïse, régulatrice à moto sur la Grande Boucle. Dans ce premier épisode de « Portraits sur deux roues », elle nous raconte son parcours, sa passion pour la moto et son rôle au sein de l’un des plus grands événements sportifs du monde.

Le samedi 11 juillet 2026, la Dordogne accueillait une étape entièrement périgourdine du Tour de France. Les coureurs se sont élancés de Périgueux pour rejoindre Bergerac, au terme d’un parcours officiel de 180,4 kilomètres traversant notamment Boulazac-Isle-Manoire, Montignac-Lascaux, Les Eyzies, Sarlat-la-Canéda et la vallée de la Dordogne.

Au milieu de l’effervescence du village départ, des équipes, des véhicules officiels et des milliers de spectateurs, les motos occupent une place essentielle dans l’organisation de la course. Certaines transportent des photographes, des cameramen ou des commissaires. D’autres participent à la sécurisation et à la régulation de la circulation au sein de l’impressionnante caravane du Tour.

C''est le rôle d'Éloïse, régulatrice sur le Tour de France et motarde passionnée. Avec elle, j’inaugure « Portraits sur deux roues », une nouvelle série consacrée aux femmes et aux hommes rencontrés sur les routes et les chemins du monde. Des motards de tous horizons, avec leurs histoires, leurs motos, leurs expériences et leur propre manière de vivre cette passion.

tour de france Kawasaki Poupougneadeuxroues

Rencontre avec une régulatrice du Tour de France

Lorsque l’on regarde le Tour de France à la télévision ou depuis le bord de la route, on observe naturellement les coureurs, les équipes et la caravane publicitaire. On remarque aussi les nombreuses motos qui évoluent en permanence autour du peloton.

Derrière chaque casque se trouve pourtant une personne avec une mission précise, une grande expérience de la conduite et une responsabilité particulière.

Éloïse fait partie de celles et ceux qui travaillent au cœur de l'événement. Son rôle de régulatrice exige de la concentration, de l’anticipation et une attention constante à tout ce qui se passe autour d’elle.

Pendant quelques minutes, elle a accepté de quitter l’agitation du Tour pour raconter son parcours et partager sa vision de la moto.

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Eloïse, régulatrice moto du Tour de France, et Olivier Dahan, le concessionnaire Kawasaki de Périgueux (Moto Axxe Périgueux - Challenge 24) lors du passage du TOur de France 2026 en Dordogne

Eloïse, quel est ton parcours et ton rôle dans la caravane du Tour de France 2026 ?

Bonjour, je m'appelle Éloïse, je travaille sur la caravane du Tour de France et cette année, j'ai pris un poste en tant que motarde régulatrice.

Je suis sur la caravane du Tour de France depuis 2020, mais avant, j'étais caravanière. Je travaillais pour la marque Béarn Pyrénées et je suis rentrée en tant que motarde sur le Tour de France féminin en 2025. Et là, c'est ma première année sur le Tour de France masculin.

Pas peu fière parce que je suis la première femme à entrer en tant que motarde sur la caravane. Il faut faire ses preuves, mais je suis contente d'y être.

En quoi consiste le rôle de régulatrice du Tour de France 2026 ?

Il faut savoir que sur la caravane, cette année, on est 180 véhicules publicitaires et il faut des personnes pour être l'œil de la caravane et être présent dès qu'il y a le moindre problème. C'est notre rôle à nous avec les motos. Faire un gros point sur la régulation.

La régulation, c'est la vitesse des véhicules. Parce que sur 180 véhicules, forcément, ça crée vite un phénomène de yo-yo, caravanes qui sont parfois à l'arrêt et parfois qui accélèrent très fort.

On est là pour prévenir les caravaniers, leur dire : « Vous avez un écart avec la caravane de devant, il faut coller » ou au contraire : « Là, ça commence à freiner, il va falloir faire attention. »

Et dès que les caravaniers ont un problème, c'est nous qui intervenons : des décors qui tombent, des caravaniers qui parfois ont des problèmes de sono. Nous, on est les premiers sur le terrain pour pouvoir intervenir.

Il y a 24 motards ASO sur le Tour de France cette année, combien pour la caravane publicitaire ?

Sur la caravane, on est quatre motards régulateurs. Et après, il y a deux motards qui sont spécifiques pour la photo. Ils ont un photographe derrière eux.

Mais on n'est vraiment que quatre pour gérer les 180 véhicules.

Comment est-ce que l'on devient motard sur le Tour de France ?

Déjà, il faut être passionné de moto de base. Ensuite, on est obligé de passer une formation avec la Garde républicaine qui se trouve à Paris, au centre de formation, le CNFSR, à Fontainebleau.

C'est une formation de trois jours où on nous fait travailler énormément de plateau, un peu de route, encadrés par la Garde.

Et à l'issue de ces trois jours de formation, les gardes émettent un avis, apte ou pas à pouvoir travailler pour ASO (l'organisateur du Tour de France).

Ayant fait cette formation, ayant eu la validation des formateurs, c'est ça qui m'a permis de pouvoir rentrer dans l'aventure motarde pour ASO.

Quelles sont les difficultés rencontrées par les motards du Tour de France ?

Les difficultés ? La plus grosse c'est la gestion de la fatigue, parce que mine de rien, les journées sont très longues.

Nous, on commence les journées tôt parce que c'est nous qui plaçons tous les véhicules le matin sur les parkings. Donc on est les premiers sur place. Et après, on passe beaucoup de temps sur la moto à des vitesses complètement irrégulières parce qu'il faut être tout le temps sur le qui-vive, il faut vraiment avoir l'œil partout. C'est la gestion de la fatigue qui est le plus compliqué.

Et après, il faut savoir être à l'aise sur la moto parce qu'il faut pouvoir slalomer entre les véhicules, intervenir vite quand il y a besoin. Mais vigilance permanente et fatigue extrême.

Qu'est-ce qui te plait le plus en tant que motarde du Tour de France ?

Le fait que le rôle que l'on a est indispensable. Et de sentir qu'on a une mission et que sans nous, ça ne pourrait pas fonctionner.

L'hyper polyvalence aussi. On est hyper polyvalents.

En plusl'aventure caravane, l'aventure Tour de France, quand on ne l'a pas vécue, on ne peut pas le comprendre, mais humainement, c'est une aventure qui est très riche.

Et puis on est tout le temps en itinérance, donc on voit des paysages magnifiques. Aussi bien en montagne qu'en plaine. Il y a vraiment des endroits magnifiques en France. Et le plaisir de rouler sur les routes à moto, ce sont desroutes magnifiques et on arrive à prendre plaisir là-dessus malgré notre mission.

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La Kawasaki Versys 1100 est la moto officielle du Tour de France 2026, que peux-tu nous dire de cette moto ? Et quelles sont ses particularités pour le Tour de France ?

Je ne connais pas ce style de moto. C'est la première fois que je conduis un trail comme ça.

C'est hyper confortable. On a des selles qui sont vraiment adaptées pour pouvoir passer des heures dessus. On a une position qui n'est pas du tout désagréable. On est droit, on est posé, donc pas de douleurs qui peuvent arriver par rapport à ça.

C'est des motos, à mon échelle, qui sont un peu lourdes, mais dès que le moteur est en route et qu'elles commencent à rouler, c'est des vélos.

Vraiment, c'est hyper fluide à utiliser.

Et après, des spécificités par rapport au Tour de France, c'est juste qu'on est équipé de radios pour communiquer à la fois avec la direction de la caravane, donc avec ASO, et des radios pour discuter avec les caravaniers.

Quand on a besoin d'intervenir, il faut qu'on puisse contacter les caravaniers directement. Donc, on a ces deux radios et après, on a une balise GPS pour savoir où est-ce que l'on est à chaque instant.

Parce que sur le parcours, il y a des moments où les coureurs vont passer, mais nous, avec des véhicules modifiés, on ne passe pas en termes de hauteur, de largeur. Du coup, on fait des dérivations, on sort du parcours. Et d'avoir la balise GPS, ça nous permet de savoir où est-ce qu'on est à chaque instant et donc de ne pas nous perdre. Normalement, on ne peut pas se perdre.

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